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Libellé : Comparez les conceptions de l’être humain de Rousseau et de Sartre au sujet des relations avec autrui.

Exemple de paragraphe d’intro :

«De combien est ta cote R ?», «Qu’est-ce qu’il fait dans la vie ?», «Qu’est-ce qui te fait croire que tu es assez bien pour elle ?», «Tu ne peux pas entrer ici, t’as pas de cravate !», «Tu n’as pas ta place ici, t’as une cravate !», «Qu’est-ce que les voisins vont penser ?»…  N’a-t-on pas déjà entendu des choses dans ce genre ?  Et toutes ces fois où tout ce qu’on veut savoir, ce n’est pas «si cela a de la valeur en soi», mais «si ça paye».  Est-ce que nos conclusions ne sont pas parfois un peu trop vite faites?  Rousseau avait une position claire sur l’attention qu’on porte au «paraître» : le souci pour le «paraître», c’est ce qui vient corrompre la nature humaine.  Il faut dire que son jugement à propos de la société et du «paraître» était d’autant plus tranché qu’il considérait qu’à l’origine, l’être humain était naturellement bon…  Mais c’est là un jugement d’interprétation (de valeur).  Peut-être qu’il n’est ni fondamentalement bon, ni fondamentalement mauvais, mais qu’il est un amalgame des deux, tissé par ses actions.  C’est un peu ce qu’on retrouve dans l’existentialisme de Sartre.  «L’enfer, c’est les autres», et réciproquement nous sommes un enfer pour les autres.  Ici, il n’y a plus de distinction claire entre «être» et «paraître» : les jugements sur les autres comme sur nous-mêmes sont toujours déformés et déformants – et puis, «qui» l’on «est» se trouve à être en perpétuelle redéfinition.  De là le caractère en partie aliénant des autres, de là l’origine de la culpabilité humaine.  Mais les autres ne sont pas qu’un enfer : Sartre affirme aussi que la joie profonde de l’amour vient du fait qu’on se sent alors justifié d’exister.  Comme si le fait d’être aimé donnait plus de sens à notre vie, comme si le fait de compter pour d’autres et de sentir qu’on fait une différence pour eux donnait un surplus de sens à notre vie.  Pas évident à départager, tout ça.  D’ailleurs, les choses ne sont peut-être jamais tout à fait tranchées.  Ça me fait penser à ces mots de Paul Valéry que j’ai lu récemment : «Il y a, dans les relations qui se font intimes entre gens délicats, ce mélange extraordinaire de la crainte de n’être pas compris avec la terreur d’être compris.»  Ça n’éveille rien en vous ? C’est étrange comment les vies peuvent parfois sembler radicalement uniques et différentes, et parfois tellement similaires dans leur expérimentation de la condition humaine.  D’où, peut-être, le sens qu’il peut y avoir à s’interroger ici sur l’être humain, car on ne peut se figurer les relations humaines sans impliquer, consciemment ou non, une certaine conception de l’être humain.  Regardons donc d’un peu plus près cette question des relations avec les autres, en comparant ici les conceptions de Rousseau et de Sartre.

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Libellé : Comparez les conceptions de l’être humain de Descartes et de Nietzsche au sujet du corps.

Exemple de paragraphe d’intro :

Être maître de son corps, que ce soit par des habitudes de vie ou la chirurgie esthétique, voilà il me semble le message que véhicule plusieurs magazines. Ne conseille-t-on pas à chaque personne «qui le vaut bien» de donner un «soin intense» à son corps pour combattre les signes du vieillissement ? Des publicités jusqu’aux vidéo-clips, un corps aux aspects contrôlés semble être signe de réussite à se prendre en charge.  Je contrôle mon corps, donc je suis…  Mais en poussant trop la réduction du corps à une image, ne perd-on pas de vue ce qui est le propre du corps, la matérialité de la chair et des organes ?  N’y a-t-il pas aussi des revers au «perfectionnisme» : au Québec, c’est 8% des femmes de 15 à 25 ans qui vivent des troubles du comportement alimentaire (8%, c’est beaucoup).  Le corps, simple représentation modulable au gré de notre volonté ?  Par ailleurs, n’est-ce pas aussi le rêve de la science, depuis l’avènement de la Modernité, de pouvoir maîtriser cette «machine» que serait le corps que l’on a ?  Lorsqu’on regarde tout ça, on se croirait dans un univers hérité des conclusions de Descartes, avec le dualisme corps/esprit.  Si Descartes est au fondement de la Modernité, peut-être que notre époque le traîne parfois sans s’en rendre compte ?  Mais est-ce véritablement nous qui contrôlons notre corps ?  Ou est-ce lui qui nous contrôle ?  Il y a là une question d’interprétation, qui ultimement renvoie aux écueils respectifs des visions indéterministes et déterministes de l’être humain.  Mais pour rester centré sur la question du corps, on sait que Nietzsche a une conception opposée à Descartes : il appelle à plus d’humilité, en affirmant que se trame en nous une incroyable lutte de «forces vitales» qui fait ce que nous sommes et pensons, et non l’inverse.  Mais cette conception est elle aussi sujette à controverse – et je sais que certains pourraient répondre que «Tout ce qui contribue à persuader un individu que ce qu’il accomplit n’est pas vraiment de lui peut avoir tendance à le diminuer».  Mais est-ce qu’on doit adhérer à une vision dualiste pour autant ?  Pour mieux voir les différences et implications entre une conception dualiste du corps et de l’esprit et une vision du «corps vivant» qui considère le corps et l’esprit comme endroit et envers d’une même pièce, je vais comparer les conceptions de Descartes et de Nietzsche.